Malgré son altitude modeste le Pibeste est un remarquable belvédère quand la haute montagne est enneigée. Ce sommet nous offre un panorama exceptionnel tant sur la plaine de Lourdes que sur la partie occidentale de la chaine des Pyrénées.

Randonnée au Pibeste

Il y a plusieurs itinéraires pour monter au Pibeste. Celui partant de Ségus est le plus rapide mais il est assez raide. L’itinéraire passant par l’arête Est et le pic d’Alian présente des difficultés et nécessite des précautions. Nous choisissons donc la voie normale au départ d’Ouzous qui est facile, ensoleillée et largement ouverte sur la vallée. Pour faire un agréable circuit nous redescendrons par Ost.

Au parking, des panneaux nous informent que nous sommes au cœur de la Réserve Naturelle Régionale du « Massif du Pibeste-Aoulhet ».
Nous prenons la route qui monte vers le village d’Ouzous et son église. L’itinéraire est parfaitement balisé. Nous traversons le village par sa rue principale, puis nous suivons la piste qui se transforme en sentier.

La Réserve Naturelle Régionale du Pibeste-Aoulhet a été créée le 9 Février 2012. D’une superficie de 5144 ha elle s’étage de 338 mètres à 1683 mètres au Soum d’Andorre sur les communes d’ Agos-Vidalos, Omex, Ossen, Ouzous, Saint-Pé-de-Bigorre, Salles, Ségus, Sère-en-lavedan et Viger. Elle est occupée par 70% de milieux forestiers et 30% de milieux ouverts.

Elle présente des milieux naturels extrêmement variés. On y trouve une exceptionnelle diversité de végétation : 850 espèces végétales ont été recensées sur le massif dont quelques espèces remarquables (la bartsie en épi, l’orchis fragrans, la renoncule à feuilles de graminée…)
27 espèces de mammifères y ont été recensées, dont l’isard et le mouflon de Corse. On y trouve également 11 espèces protégées au niveau national (dont 5 espèces de chauves-souris).  L’avifaune y est extrêmement riche avec 112 espèces d’oiseaux recensées sur l’ensemble du massif.

Le Pibeste nous domine de 500 mètres. Très vite nous avons une belle vue sur la vallée qui s’étale jusqu’à Pierrefitte au pied du Viscos. Nous arrivons rapidement à un petit belvédère (table de pique-nique).

La montée continue. Le sentier vire à droite et entame une belle traversée pour atteindre un balcon où se trouve une table d’orientation au lieu dit l’Espi Blanc. La vue est saisissante et justifie une pause. Un petit arboretum de résineux se trouve là.

À partir d’ici, le sentier fait un brusque crochet vers le nord et grimpe en lacets. Comme à l’Alpe-d’Huez, les virages sont numérotés ! 15, au bout desquels on atteint le col des Portes (1229 m) situé à gauche d’une belle falaise.

À quelques minutes du col, une vaste étendue herbeuse s’étire au pied du pic du Pibeste. Nous avons maintenant en ligne de mire le bâtiment d’arrivée de l’ancienne gare du téléphérique et le relais de télévision.

Nous quittons provisoirement le sentier, pour aller voir la belle cabane d’Ayzi.

Le sentier traverse la prairie et remonte pour atteindre le bâtiment de l’ancienne gare du téléphérique (1320 m) par un large sentier horizontal. Des panneaux indiquent qu’un projet pour la réhabilitation du site est en cours et fait appel à un financement participatif.

Le téléphérique du Pibeste

Le 20 septembre 1912, Jules Peyrafitte écrit au maire d’Agos C. Galau et lui propose de louer le sommet du Pibeste pour y construire un hôtel de montagne avec funiculaire pour les sports d’hiver. Il envoie la même demande au maire d’Ouzous Z. Fourcade. Le funiculaire devait partir d’ Argeles. Ce projet n’eut pas de suite, probablement en raison du déclenchement de la 1e guerre mondiale.
20 ans plus tard Amand Soubirous, médecin, peintre et Pyrénéiste, appartenant à la famille emblématique de Lourdes a pour première idée de créer une route carrossable à péage jusqu’au sommet du Pibeste. Ce nouveau projet est aussi abandonné en raison du peu d’automobiles circulant à l’époque.
En 1933 Amand Soubirous relance l’idée de l’accès au Pibeste par un téléphérique, il obtient de la commune d’Agos Vidalos un bail de 99 ans et il crée la société d’exploitation (Sté Anonyme Lourdaise du Téléphérique d’Agos Pibeste, la SALTAP).
Le 1 er octobre 1934 une ligne téléphonique est créée pour les besoins du chantier, toutefois le bail accordé par la commune d’Agos Vidalos a négligé de préciser que le terrain de la gare supérieure était indivis avec la commune d’Ouzous. Le 24 mars 1934 le conseil municipal d’Ouzous demande au préfet un bornage officiel du Pibeste. Le 4 avril 1935 le conseil municipal d’Agos avec son nouveau maire J. Lacrampe fait une demande analogue. Il s’ensuivit une série de procès où M. Soubirous et la SALTAP sont poursuivis par les communes d’Agos Vidalos et Ouzous. Il faudra attendre 1944 après de nombreuses transactions pour que la situation soit régularisée entre les communes et la SALTAP. Il aura fallu 9 ans de procédures pour que la situation se normalise. Pendant tout ce temps Amand Soubirous a poursuivi son œuvre avec une détermination inébranlable malgré les risques judiciaires encourus.

Le déroulement du chantier
Le 14 décembre 1934 la SALTAP confie à la société Heckel de Sarrebruck (Allemagne) le soin de « l’installation d’un transport aérien à voyageurs ». Le prix fixé s’élevait à 1 140 000 F de l’époque, le délai de livraison était fixé au 15 avril 1935. Après 11 mois de travaux l’installation achevée fin 1935, était inaugurée. Le journal La Dépêche du 8 septembre 1935 signalait  » le Pibeste  a été ouvert au public il y a quelques jours seulement ». Malgré les difficultés judiciaires la construction du téléphérique avait été menée avec la plus grande diligence grâce à la détermination exceptionnelle d’Amand Soubirous.

Le téléphérique
Le système retenu était à double voie, le câble porteur soutenait les 2 cabines qui circulaient en parallèle l’une montant, l’autre descendant. La cabine descendante fournissait une partie de l’énergie nécessaire à la traction de la cabine montante, un moteur Schneider apportait le complément nécessaire. L’électricité était amenée à la gare inférieure par une ligne à haute tension de 15 000 volts. Le câble porteur, fabriqué par les « Tréfileries et Cableries de Bourg en Bresse », pesait 42 tonnes, les câbles tracteurs plus légers pesaient 6 tonnes par unité.
La cabine était réalisée en métal et peinte en rouge, elle effectuait le trajet en 8 minutes soit une vitesse de 18 km par heure. Chaque cabine contenait 20 passagers et le convoyeur.

La station inférieure
Dans sa forme primitive elle comprenait un bâtiment principal couvert par un toit à 2 pentes, la façade Ouest laissant passer les câbles. À l’Est, elle était flanquée d’une tour à 2 échauguettes qui abritait les contrepoids de tension des câbles. Dans les années 1950, une autre tour fut édifiée en façade Ouest pour contenir une grande citerne d’eau et abriter le quai des voyageurs. A l’étage supérieur se trouvait la salle d’attente. En 1946 les voyageurs payaient 20F par personne, avec des tarifs étudiés pour les groupes.

La station supérieure
Ce bâtiment qui s’accroche sur un escarpement rocheux exigu a obligé l’architecte à le développer en hauteur. Il est couvert d’une terrasse crénelée agrémentée d’une petite tour d’angle à mâchicoulis. Le niveau inférieur abritait une grande salle terminée en rotonde qui contenait le bar et le restaurant. Cette salle, aujourd’hui découverte, avait une vue panoramique sur les Pyrénées. Les étages du bâtiment étaient utilisés pour la machinerie et le logement des gérants. Un sentier de promenade horizontal avait été créé depuis la gare par le Chantier de Jeunesse 38 en 1941 et il s’enfonçait dans la hêtraie pour le plus grand plaisir des voyageurs qui revenaient souvent les bras chargés de fleurs.

Les années d’exploitation du téléphérique
La saison d’exploitation commençait à Pâques pour s’achever en octobre. En hiver on faisait du ski au Pibeste car les stations de Barèges et Cauterets étaient devenues trop éloignées en raison des restrictions de carburant.
Le téléphérique a été exploité depuis 1934 jusqu’en 1969, les actionnaires décidant alors d’arrêter l’exploitation car le coût des travaux de rénovation était trop élevés. Pendant la période de 34 ans de fonctionnement du téléphérique, plusieurs administrateurs et directeurs se sont succédé : Mrs. A Soubirous, G Larricq, M Reiss et J. Minin. Au décès de M. Minin la supervision fut confiée à l’abbé Larricq, fils de Gabriel Larricq, jusqu’à la fermeture définitive.

Source: Panneau d’information sur site d’une brochure historique rédigée par Mrs. Henri Larricq et Jean-Pierre Ninin-Barus, disponible à la mairie d’Agos Vidalos

Quelques marches nous permettent d’atteindre le sommet du Pibeste à 1349 mètres. La vue est immense par temps clair.

Pour la descendre, nous prenons la direction Agos-Vidalos, indiquée par un panneau. La descente dans le bois est agréable. Nous passons près de l’abreuvoir des Traverses puis à la fontaine et aux granges de Lascary ou l’itinéraire oblique plein Est. Après un nouveau crochet plein Sud au lieu-dit Fontaine de Saint-Esté (535 m)  nous laissons filer le sentier vers Agos-Vidalos pour continuer la descente vers Ost. Le sentier traverse des prairies avant de nous ramener à Ouzous.

Informations pratiques

Situation: Hautes-Pyrénées
Accès: À Lourdes, suivre la N21 vers Argeles-Gazost. Prendre la sortie Agos-Vidalos que l’on rejoint par la N 2021. Poursuivre vers Ost, puis Ouzous. Parking à l’entrée du village.
Date: Le 29 novembre 2018
Altitude minimale:  585 m
Altitude maximale:  1349 m
Dénivelé cumulé: Environ  900 m
Itinéraire: Boucle d’environ 13  km
Horaire:  4 à 5 H
Carte: Carte de randonnée 1647 ET Lourdes – Argelès-Gazost – Le Lavedan

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