Le Pic de Paloumére domine les vallées boisées du Comminges et offre un magnifique belvédère sur le piémont, ainsi que sur la chaîne pyrénéenne, des sommets ariégeois jusqu’au Pic du Midi de Bigorre. Situé à la frontière entre montagne douce et relief plus sauvage, ce sommet séduit par la diversité de ses paysages : forêts profondes, crêtes aériennes et terrains calcaires façonnés par l’eau, où se cachent de nombreuses cavités.
En cette fin d’hiver, après de longues semaines de pluie, la montagne retrouve enfin des couleurs — et attire les randonneurs en quête de soleil. C’est dans cette ambiance de renouveau que nous partons pour une journée prometteuse, avec pour objectif le Pic de Paloumère. Ce n’est pas une première pour moi — je l’avais déjà gravi depuis le Col de Portet d’Aspet — mais y revenir dans ces conditions, et surtout avec Luc, donne une saveur toute particulière.
Direction le petit village d’Herran, et plus précisément le parking terminal de la petite route menant à la Fontaine de l’Ours. Un coin sauvage et discret, comme souvent dans ce secteur un peu à l’écart des grandes foules… du moins en théorie.
Car en ce premier vrai beau week-end après plus d’un mois de pluie, nous ne sommes pas les seuls à avoir eu la même idée…
Au départ, grande question existentielle : faut-il prendre les raquettes ? On hésite, on observe les pentes, la forêt, l’enneigement… et finalement, on décide de partir léger. Mauvaise (ou bonne ?) idée : la piste est rapidement enneigée, juste ce qu’il faut pour hésiter à chaque pas.
Je n’avais pas marché avec Luc depuis la randonnée de l’été dernier au Cagire. Très vite, nous retrouvons nos repères : le rythme, les discussions, les silences aussi. Cette sensation simple d’être bien ensemble, sans avoir besoin d’en faire trop. Le Comminges, c’est son territoire, le pays de ses ancêtres. Il y a chez lui une manière particulière de regarder ces montagnes, intime, presque familiale.
À la sortie de la forêt, nous atteignons rapidement les estives, puis la cabane de Roque Pi (1392 m).
Toute cette zone est magnifique, mais aussi particulière : ici, l’eau a façonné dans le calcaire un relief truffé de gouffres. De nombreuses cavités s’ouvrent parfois à quelques mètres du sentier, et la prudence est donc de mise.
Dans le monde de la spéléologie, le secteur est célèbre pour ses réseaux souterrains, notamment le mythique Gouffre de la Henne Morte, profond de 358 mètres et exploré dès les années 1940.
La progression devient plus intéressante en montant vers le Tuc des Haurades (1554 m). On slalome entre plaques de neige et zones dégagées, dans une ambiance résolument montagnarde.
Luc, lui, s’enfonce régulièrement… et râle beaucoup. Mais c’est aussi pour ça que j’aime marcher avec lui !
On rejoint ensuite la ligne de crête qui mène au col des Passagers (1478 m), puis au Tuc de la Casse (1538 m) par un cheminement en forêt. Peu à peu, la vue se dégage, offrant de belles ouvertures sur les vallons environnants.
Une courte descente… puis la dernière montée vers le Pic de Paloumére (1608 m). La neige est bien présente sur la fin, conférant au sommet une ambiance encore hivernale.
Le sommet est animé. De nombreux randonneurs, pour la plupart venus depuis le col de Portet d’Aspet, profitent enfin du soleil après des semaines de pluie et de grisaille.
Le Pic de Paloumére est également mentionné sur certaines cartes sous le nom de Pic de l’Aube. Cette double appellation, fréquente dans les Pyrénées, s’explique par la coexistence de noms issus de traditions différentes, entre usage local et cartographie officielle.
Le nom Paloumére, aujourd’hui le plus couramment employé, pourrait avoir une origine occitane, possiblement liée au mot paloma (palombe), bien que son étymologie reste incertaine. Quant à Pic de l’Aube, il évoque plus directement une désignation descriptive, en lien avec la lumière du matin.
Depuis le sommet du Pic de Paloumére, le regard s’évade loin vers la plaine commingeoise, où les reliefs s’adoucissent progressivement. Le sommet est le lieu idéal pour un pique-nique, et, comme à son habitude, Luc me régale de ses conserves maison.
Après ces instants de pause et de contemplation, le retour s’effectue par le même itinéraire, avec la satisfaction simple d’une journée réussie, ponctuée de neige, de crêtes, de rires partagés… et, bien sûr, des râleries de Luc !
Informations pratiques
Situation: Haute-Garonne / Comminges
Accès: À Arbas prendre la direction d’Herran puis du hameau de La Baderque. Se garer au terminus de cette petite route, au parking de la Fontaine de l’Ours.
Date: Le 01 mars 2026
Altitude minimale: 1192 m
Altitude maximale: 1608 m
Dénivelé cumulé: Environ 560 m
Itinéraire: Aller – Retour de 11,75 km
Horaire: 4 à 5 H
Carte: Carte N°1947 OT Aspet – Pic de Maubermé
Trace GPS: Télécharger





















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